L'affaire "nutella", même si elle réjouit pour d'autres raisons, est l'exemple type d'une carrière politique en construction...
Taxer l'huile de palme, c'est comme taxer le vin rouge : ce n'est pas toxique en soi, c'est juste l'excès qui l'est.... et je vous rassure, messieurs les politiques. En nutrition, c'est comme ça pour tout !
Boire trop d'eau tue. Manger trop de brocolis aussi. A chacun sa dose, il va falloir tout taxer mes enfants ! Quel boulot mais vous aurez de quoi vous les payer, vos revenus de ministres....

Chargeons la mule !
Petit rappel sur les acides gras, merci EUFIC :
Acides gras saturés courants et sources alimentaires types
Nom commun | Nombre d’atomes de carbone | Sources alimentaires types (contiennent également d’autres acides gras) |
Acide butyrique | 4 | Beurre, matières grasses des produits laitiers |
Acide laurique | 12 | Huile de noix de coco |
Acide myristique | 14 | Huile de noix de coco, matières grasses des produits laitiers |
Acide palmitique | 16 | Huile de palme, matières grasses de la viande et des produits laitiers |
Acide stéarique | 18 | Matières grasses de la viande, beurre de cacao |
Les graisses saturées dans l’organisme
Toutes les graisses, y compris les graisses saturées, nous apportent une forme concentrée d’énergie. Les graisses jouent également un rôle essentiel dans le transport des vitamines liposolubles (vitamines A, D, E et K) dans l’organisme, et une fois déposées dans les réserves en graisses, elles tapissent et protègent nos organes essentiels1.
Des recherches récentes donnent à penser que chaque acide gras saturé individuel possède ses propres fonctions biologiques dans l’organisme2 :
- L’acide butyrique régule l’expression de plusieurs gènes et pourrait jouer un rôle dans la prévention du cancer en inhibant le développement des cellules cancéreuses ;
- L’acide palmitique intervient dans la régulation des hormones ;
- Les acides palmitique et myristique interviennent dans les messages cellulaires et la fonction immunitaire.
Parmi les autres rôles que jouent les acides gras saturés, mais qui n’ont pas encore été pleinement vérifiés chez l’être humain, mentionnons également ce qui suit :
- L’acide myristique pourrait réguler la disponibilité des acides gras polyinsaturés, comme l’acide docosahexaénoïque (DHA)
- L’acide laurique pourrait être la matière première dont nous aurions besoin pour produire des acides gras oméga-3 (lorsque les acides gras oméga-3 ne sont pas présents dans l’alimentation)
Cela dit, les graisses saturées peuvent avoir une influence importante sur les taux de cholestérol total et de cholestérol LDL (mauvais cholestérol), encore qu’il existe des différences dans leurs effets sur l’élévation du taux de cholestérol2. Ces effets sont généralement plus marqués pour les acides gras à chaîne moyenne [p. ex., acides laurique (C12:0), myristique (C14:0) et palmitique (C16:0)] que ceux dotés d’une chaîne plus longue [p. ex., acide stéarique (C18:0)]. L’acide stéarique n’augmente pas le taux de cholestérol sanguin de la même manière que les acides myristique, laurique et palmitique, car il est transformé rapidement en sa forme mono-insaturée (acide oléique, C18:1) dans le foie.
Mesures à prendre pour une alimentation plus équilibrée
Les graisses saturées doivent représenter 10 % maximum de l’apport énergétique3. L’Européen moyen dépasse encore ce seuil et sa consommation de graisses saturées équivaut à environ 15 % de ses apports caloriques1. Les mesures visant à réduire les apports en graisses saturées doivent donc être maintenues, idéalement en tenant compte du profil en acides gras des différentes denrées alimentaires.
Les principales sources alimentaires de graisses saturées sont les suivantes : viande grasse, peau des volailles, produits à base de viande (saucisses et pâtés en croûte), lait entier et produits laitiers non écrémés (fromage, crème, beurre et ghee), saindoux, huile de noix de coco et huile de palme, pâtisseries, gâteaux et biscuits, sucreries et chocolat.
Pour diminuer ses apports en graisses saturées, il convient donc :
- De choisir de la viande maigre et d’enlever la graisse visible ; de s’abstenir de manger la peau de la volaille ; de griller la viande plutôt que de la faire frire.
- De ne pas consommer trop de saucisses, pâtisseries, tartes, gâteaux, biscuits, bonbons et chocolat.
- De choisir des produits laitiers allégés ou écrémés.
- De privilégier les huiles végétales (riches en graisses insaturées telles que l’huile de tournesol, de colza ou d’olive) et les margarines à base d’huile végétale, plutôt que celles qui sont riches en graisses saturées.
Enfin, il importe de choisir une alimentation équilibrée riche en fruits, légumes et féculents (riz, pâtes, pommes de terre) et de privilégier les méthodes de cuisson qui ne nécessitent pas beaucoup de matières grasses, telles que la cuisson à l’eau et à la vapeur.
Références
- Fiche EUFIC sur les graisses. Disponible à :www.eufic.org/article/fr/expid/review-fats/
- Rioux V. and Legrand P. (2007) Saturated fatty acids: simple molecular structures with complex cellular functions. Current Opinion in Clinical Nutrition and Metabolic Care 10:752-58
- Série de rapports techniques de l’OMS no 916 « Alimentation, nutrition et prévention des maladies chroniques ». Genève 2003. Disponible à : http://whqlibdoc.who.int/trs/WHO_TRS_916.pdf