La nouvelle classe moyenne verte sera l’apanage des années 2005-2010 : la prise de conscience collective et individuelle est partie des « franges marginales de la population » pour se répandre au cœur de la nation, traversant les générations et même, les catégories sociales.

Que l’on soit seulement «sensibilisé» ou plus complètement «engagé», nous prenons le pli des idées déjà très ancrées chez nos voisins d’Europe du Nord, Allemagne, Scandinavie, Suisse….
Les médias ont joué, dans cette propagation, un rôle fondamental, et réellement nouveau dans la dispersion des idées et des mouvements. L’impact du film « we feed the world » étant particulièrement important.
Il fait écho aux craintes et paniques ressenties par les populations, ébranlées par les catastrophes naturelles ou industrielles, les crises sanitaires et environnementales, mises en série méthodiquement par une presse toujours soucieuse de mettre en scène les évènements.
4 profils d’éco-centriques
Pour décrypter leurs comportements, les cabinets Allegoria et Eco&Co ont établi une typologie fine des éco-citoyens, en fonction de deux axes. D’une part, sont-ils mus par un intérêt purement personnel ou bien ouverts sur le collectif et la société ? D’autre part, sont-ils motivés par la recherche d’une qualité de vie ou réagissent-ils en opposition à un état de fait ? Une telle analyse permet de dégager quatre groupes d’individus :
• les « éco-centriques » sont préoccupés par leur satisfaction personnelle et leur qualité de vie. A 40-60 ans, ils jouissent d’un fort pouvoir d’achat grâce auquel ils peuvent accéder à des biens porteurs d’une haute valeur ajoutée. Désignés par les termes « bobos » (bourgeois bohêmes) ou « radical chics », ils n’hésitent pas à monter dans leur 4x4 pour un pique-nique en forêt, en harmonie avec la nature, à quelques kilomètres de chez eux...

• les « éco-actifs » visent eux aussi une qualité de vie supérieure mais pas seulement à titre individuel. Ces « consomm’acteurs » ou « alters » (qui veulent consommer autrement) de 30-40 ans sont prêts à payer plus ou à marcher plus pour le bien de la planète...
• les « éco-révoltés » ont le même souci vis-à-vis de la collectivité, mais s’inscrivent dans une démarche d’opposition. Activistes, engagés dans des mouvements humanitaires ou écologistes, plutôt jeunes (20-30 ans), ils correspondent à la définition des « nonos », en lutte contre la société de consommation et ses méfaits.
• les « éco-inquiets » appartiennent aussi à la catégorie des « anti » sans toutefois nourrir de préoccupations humanistes à l’égard de leurs prochains. Ces plus de 60 ans sont parfois appelés « nimby » (not in my backyard = pas dans mon jardin). Traduction : non à l’énergie nucléaire, mais surtout ne construisez pas d’éolienne près de chez moi.
