Samedi 15 Sept 2007
ça n'en vaut pas le goût !
Par Miammiam, Samedi 15 Sept 2007 à 07:44 GMT+2 dans Attention, un concombre peut en cacher un autre
Nos enquêtes nous donnent un autre niveau de lecture : tout d’abord, il ne faut pas mettre dans le même panier les fruits et les légumes.
Les premiers, les fruits, symbolisent les vacances, le jardin d’Eden, le sucre, les saveurs riches et fraîches. Leur symbolique est lourde d’images et de sens, de souvenirs savoureux. Quel choc alors quand le mangeur achète une poire dure comme du bois, une nectarine qui a la saveur du navet pas mûr… des fraises qui n’ont rien de vivant ?
La déception est à la hauteur de l’image idyllique que le mangeur s’en faisait. D’ailleurs, il vous le dit « ces fruits ne valent pas le goût ».
Ils sont bien trop chers pour ce qui sont bons.
Pour les légumes, la situation est exactement inverse. Le légume, c’est un souvenir de cantine, d’obligation, de réfectoire. C’est beurk.
Marteler qu’il faut manger des légumes peut paraître aussi vain que de dire à enfant qu’il doit aimer le martinet de son enfance.
Malgré les grands chefs qui ont montré au monde que les légumes pouvaient être « petits » et par là-même, savoureux.
Le salut des légumes viendra donc par le haut. Par la haute gastronomie. Il faut apprendre et démontrer au mangeur blasé que les légumes peuvent être quasi du caviar. D’ailleurs, déjà, il faut leur changer de nom. Laissons « légumes » aux réfectoires et choisissons d’autres verbatims.
Pois gourmands, brocolis, fleurs de romanesco, fût de poireaux, pointes d’asperges…. A vous !
A ce stade, une fois convaincu de l’intérêt de partir à l’aventure de ces saveurs exotiques-là, il faudra ensuite déplacer une autre montagne : celle du temps nécessaire à la préparation de ces petits légumes.
Et là aussi, les consommateurs vous le disent : » je n’ai pas le temps », traduction « ils ne valent pas le temps », ils ne méritent pas mon temps.
Nouveau défi pour les industriels : imaginer des petits légumes savoureux, aventureux, et qui valent le temps de préparation.
A vos paillasses.
Et revoilà la saison des enquêtes sur les consommateurs, afin de montrer aux annonceurs qui détient le pouvoir du savoir !!! Comencons d'abord par une enquête publiée hier par Sofres sur le pouvoir d'achat des Français - c'est très d'actualité me direz vous ? Mais le terrain de l'enquête, lui, remonte à 2006, ce qui lui donne un arrière goût désagréable d'opportunisme.


