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Miammiam

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Je suis nutritionniste, contemptrice et très attachée à l'éthique. Gourmande, je ne jette l'opprobre sur aucun aliment, fut-il gras, sucré ou pire. Mais quand on utilise la nutrition comme faire-valoir, sans aucune légitimité, j'explose ! Je tente de vous faire partager mes idées de nutrition inspirante

Alliesthésie & chocolat

Vendredi 9 Juillet 2010, 07:44 GMT+2Par MiammiamCet article a été lu 1548 fois

Pourquoi on ne résiste pas physiologiquement au chocolat ?

 

cacao

Tous les consommateurs acteurs sont unanimes : le chocolat est une sombre merveille qui nous tient par les papilles, comme un démon possessif. Im possible de s’en défaire ou d’y résister.  Addiction. Boulimie. Chocomanie. Chocohoolique…. Sont autant de mots qui décrivent ce lien de féodalité qui nous attache au chocolat.

Pourquoi le chocolat et aucun autre aliment ? Pourquoi moi ?

Je vais essayer de vous apporter quelques éléments  de réponse à ces questions où la physiologie est centrale. Vous comprendrez mieux le pourquoi du comment et vous pourrez, plus sereinement, vous laisser aller à cette délicieuse passion dévorante.

 

Quelques notions de physiologie de la nutrition

Vous l’avez sûrement remarqué : l’organisme est un ensemble complexe et merveilleux.  Prenons un exemple : Monsieur X. Dans les conditions normales d‘utilisation, Monsieur X consommera en trois repas l’exacte quantité de calories et de nutriments dont il a besoin pour assurer ses besoins. Non seulement ses besoins en énergie – pour bouger, se chauffer, se refroidir…. Mais aussi pour satisfaire ses besoins de croissance, de réparations éventuelles, ou d’entretien courant.

C’est magique. Il possède des installations internes sophistiquées – c’est bourré d’électronique ! – avec ordinateurs intégrés  à tous les étages – qui lui permettent de savoir avant même d’avoir fini d’avaler la dernière bouchée que… stop ! C’est suffisant pour aujourd’hui.

Vous y croyez vous ?

Et pourtant c’est vrai.

Laissons tomber Monsieur X et prenons un organisme naïf, pur et intact de toute influence nutritionnelle. Bébé x par exemple. Dès les premières tétées, Bébé x sait s’arrêter. Il boit selon ses besoins et s’arrête lorsque son estomac est suffisamment rempli. IL saura très vite ajuster ses apports à ses besoins qui – pourtant – sont complexes car ils changent quasiment tous les jours. C’est bourré d’électronique, un bébé.

Ainsi, il consommera naturellement ce dont il a besoin pour grandir, s’éveiller peu à peu, dormir et faire de beaux rêves.  Tout va se gâter quand sa maman va  lui imposer de finir sa viande ou son fromage.

En attendant, et tant que 2 conditions sont remplies, l’organisme grand ou petit, en croissance ou pas, en réparation ou pas, saura exactement au gramme près ce dont il a besoin.

Vous voulez connaître les 2 conditions ? Que l’organisme soit libre de consommer ce qu’il veut. Que la nourriture à sa disposition soit suffisamment variée et abondante.

Ceci se nomme le pondérostat (maintient du poids de forme) ou l’homéostasie : mise à l’équilibre de tous les cadrans physiologiques : pression artérielle, hormones, circulation du sang, fonctionnement du cœur, des poumons, des reins, du cerveau, des muscles, oxygénation, etc.  C’est bourré d’électronique !

 

Pourquoi l’équilibre se détraque parfois ?

Eh oui ! Certains d’entre nous sont trop gros, de quelques kilos à … dizaines de kilos. C’est bien que le pondérostat a dysfonctionné, ou que génétiquement… toutes les raisons sont bonnes pour expliquer la dérive. De fait, on a mangé plus que l’on a dépensé !

En fait, les raisons sont limitées :

              les calories des aliments ne sont pas toutes comptabilisées de la même façon par l’organisme. Ce qui est bu n’est pas compté complètement ; les lipides sont bien moins prises en compte par le pondérostat que les protéines ou les glucides.

 

              les messages de satiété / faim sont parfois altérés par des artéfacts physiologiques, physiques, psychologiques, plus rarement génétiques.

(on confond le signal de la soif par celui de la faim ; celui de l’anxiété par celui de la faim, etc.)

            • La répartition des aliments au fil de la journée est primordiale (Petit déjeuner de roi, déjeuner de prince, dîner de pauvre)

            • Les associations alimentaires sont parfois inadéquates…

 

Exemple : consommer du sucre à jeun provoque une sécrétion d’insuline, entraînant une hypoglycémie réactionnelle, nous poussant à reprendre un autre bonbon…

Et c’est comme cela qu’on mange tout le paquet ! ! !

Manger du chocolat à jeun fera un effet similaire.

Manger du pain + chocolat = équilibré.

Manger un aliment sucré avec un aliment riche en fibres rééquilibre l’association.

 

 

De quoi avons nous besoin exactement chaque jour ?

Les Nutritionnistes distinguent deux besoins fondamentaux, le premier sous forme d’énergie, qui permet de se réchauffer quand il fait froid, de se refroidir quand il fait chaud. L’énergie permet aussi les mouvements, les efforts musculaires, mais aussi intellectuels.  Le cerveau consomme beaucoup d’énergie quand il travaille. Il faut aussi de l’énergie pour se développer, grandir, entretenir le matériel : changer les bougies, nettoyer le filtre à huile, graisser les soupapes… Savez-vous que chaque jour, votre organisme renouvelle un peu de ses muscles, de ses cellules, de ses os ? Pour cela, il a besoin d’énergie.

 

Deuxième gros besoin fondamental, le besoin de certaines pièces maîtresses de l’édifice : du calcium pour les os, du fer et des protéines pour les muscles, les globules rouges. Du magnésium pour la transmission de l’influx neuro-musculaire. Des acides gras essentiels pour le cerveau et le tissu nerveux… Des vitamines pour plein de fonctions….

 

Pour tous ces nutriments, l’organisme est également pourvu d’un système d’homéostasie – autant dire un niveau d’huile qui alerte lorsqu’on dépasse dans un sens ou dans un autre.

Ainsi, l’organisme qui a soif recherche de l’eau à boire. L’organisme qui a besoin de calcium cherchera à consommer des produits laitiers.

Vous l’avez certainement expérimenté : lorsque vous consommez une belle entrecôte au déjeuner,  vous n’avez plus envie de viande au repas suivant. Si vous avez fait un gros repas, vous aurez forcément moins d’appétit aux repas suivants.

 

Ces systèmes d’homéostasie – bourrés d’électronique ! - sont essentiels à l’organisme pour se maintenir en vie, mais en plus, en bon état de santé. Et c’est ce qui se passe dans la majorité des cas.

Bien sûr, l’organisme gère les réserves  - importantes pour certains nutriments, très faibles pour d’autres. Ces réserves, si menues soient elles, permettent à l’organisme de varier ses repas de façon à faire « le plein de calcium/phosphore à un repas, l’essentiel du fer et du magnésium ensuite, et au dernier repas, le full vitamines.

C’est pourquoi il est idiot de chercher à faire des repas complets en tous les nutriments. C’est pourquoi les Nutritionnistes parlent d’un équilibre d’apports sur une semaine ou 5 jours.

Quel rapport avec le chocolat ?

 

Chocolat et magnésium

La bonne excuse ! ! ! Je mange du chocolat parce que j’ai besoin de magnésium.

Hummm. Qui ne l’a pas sortie au moins une fois, celle-ci ?

Mais il y a du magnésium aussi dans les fruits secs oléagineux, dans le bulot ou les bigorneaux, dans le pain complet, les légumes secs, les céréales complètes… Pour autant, a t on jamais vu des consommateurs se relever la nuit pour manger des bulots ?

C’est donc que le chocolat a quelque chose de plus.

 

Chocolat et fer

L’hiver en est à ses débuts, et déjà, vous ressentez  de la fatigue, de celles qui sont décourageantes.  Plus envie de se lever,  plus d’entrain. Avant de vous jeter sur une cure de vitamine C, il vous faut savoir que ces symptômes sont le plus souvent dus à une déficience en fer. Le fer, élément rare et précieux, fait défaut à la plupart des femmes en âge de procréer en France, mais aussi à 96 % des enfants et adolescents. N’allez pas le chercher dans les épinards (en fait, Popeye se gavait de fer, mais c’était plus celui de la boîte de conserve que celui apporté par les  épinards qui sont, en fait, pas très riches en fer). Et justement, le cacao et le chocolat sont riches en fer.

Ceci explique t il cela ?

Car il y a encore plus de fer dans le boudin, le foie, les huîtres ou les moules… et on a rarement vu des gens se relever la nuit pour manger du boudin !

C’est donc que le chocolat a quelque chose de plus !

 

 

Chocolat et théobromine

Le chocolat est élaboré à partir de fèves de cacao, sorte d’amande sympathique qui a été étudiée sous toutes les coutures. Elle contient divers alcaloïdes, caféine, théobromine, qui ont des vertus stimulantes et probablement excitantes dans le bon sens du terme.  Ceci contribuerait à des effets post-digestifs très positifs, comme un certain dynamisme qui se traduirait par une « envie de vivre ».

Ceci expliquerait il-pourquoi le chocolat est aussi sympathique ?

Car on ne se lève pas la nuit pour consommer des stimulants comme les fruits riches en vitamine C, ou du café ou du thé !

 

 

 

Tryoptophane et opiogènes

Le cacao et le chocolat contiennent des bioamines comme la phénylalanine. En outre, le chocolat est riche en sucre.

Lorsque vous le consommez, celui-ci passe asse vite dans le sang et arrive au niveau du cerveau qui en est friand. Le glucose en forte proportion induit une sécrétion de tryptophane au niveau du cerveau, ce qui entraîne l’élaboration d’opiogènes – traduisez : des substances naturelles qui ont des effets un peu comparables à l’opium toutes proportions gardées, et qui procureraient au cerveau puis à tout l’organisme un apaisement et une certaine euphorie.

Les opiogènes  atténueraient les douleurs physiques ou le mal-être, et procureraient un bien être, une sérénité sans égal.

Ceci expliquerait-il pourquoi on serait accro au chocolat, comme une morphine nutritionnelle ?

Car il y a encore plus de sucre dans le sucre tout seul, et on n’a rarement vu des gens se réveiller la nuit pour manger du sucre !

C’est donc que le chocolat a quelque chose de plus !

 

Chocolat et antioxydants

Le chocolat a révélé aux chercheurs des teneurs importantes en antioxydants, sous forme de polyphénols.  Ces molécules naturelles complexes ont le pouvoir de capter les fameux « radicaux libres », ces électrons fous qui endommagent les cellules ou les tissus, provoquant au fil des ans, le vieillissement et les maladies dégénératives  comme les cancers et les maladies cardio-vasculaires.

La richesse du chocolat permet de le positionner au même rang que le vin rouge ou que certains fruits rouges, particulièrement réputés.  Serait-ce pour cette raison que le chocolat nous appelle à lui, comme un aliment médicament ?

Ceci explique t il cela ?

Car il y a encore plus de polyphénols dans le thé, le café, le vin rouge riche en tannins. Et on a rarement vu des consommateurs se lever la nuit pour boire du café !

 

L ‘alliesthésie

La réponse est dans un phénomène physiologique naturel que l’on nomme « alliesthésie ». Elle résume les sensations perçues à l’intérieur avec les divers appareillages électroniques : mesure du taux de sucre sanguin (suis je bien rassasié ?), de la pression sanguine (suis je bien détendu ?), des hormones circulantes (suis je bien équilibré ?), du bon état du cœur (suis je au bon rythme ?), du rein (suis-je bien drainé ?), des poumons (suis je bien aéré ?), du tube digestif (je ne me sens ni lourd, ni vide. Je me sens bien). Et de la satisfaction de tous les niveaux d’huile : assez de fer, de magnésium, de vitamines, d’énergie…. En plus, assez de tryptophane pour garder calme un éléphant dans un magasin de porcelaine.

Et voilà pourquoi il faut continuer à manger du chocolat.

 

– Chocolat fiche santé

 

Chocolat noir

Chocolat au lait

Energie Kcal

516

541

Protéines g

4,5

7,5

Glucides g

57,8

56,5

Dont sucres

53,3

53,9

Fibres g

5,9

1,3

Lipides g

30

32

Sodium mg

15

90

Magnésium

112

60

Phosphore mg

173

230

Calcium mg

50

200

Fer mg

2,9

1,5

Vit E

0,5

0,7

Vit B2

0,1

0,35

Vit PP

0,52

0,39

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Cet article a été commenté 2 fois | Ajouter un commentaire | Revenir en haut | Aller en bas

Pascal dit

Parfaite explication scientifico-ludique, menée au rythme d'une enquête policière et qui débouche sur une conclusion imparable... Je te le pique et vais en recommander la lecture sur www.addictmag.info

Jeudi 15 Juillet 2010, 13:45 GMT+2 | Retour au début

On s'en doutait, mais ça va mieux en le disant.
Avez-vous goûté le dernier né des chocolat, le chocolat cru. Fèves de cacao pressé à froid.
Plus besoin de se gaver, 10gr vous comble complètement sans aucune envie d'y revenir... avant le lendemain.
Une vrai délice.

Vendredi 16 Juillet 2010, 21:55 GMT+2 | Retour au début