Le sucre, les sucres et le marketing
Sucre, sucres et sirops
Lorsqu’on fait ses choix alimentaires, je ne le vous redirai jamais assez, il faut lire la liste des ingrédients. Inscrits obligatoirement par ordre décroissant d’importance, les ingrédients sont listés selon des règles légales précises… et tout ceci est fort bien contrôlé par la DGCCRF.
Ainsi, il est avantageux d’inscrire «sucre de canne » quand d’autres doivent inscrire « sirop de glucose-fructose ». De même, la position du sucre comme ingrédient n°1 dans une liste n’est jamais très bonne médiatiquement…. Une des parades consiste en l’utilisation d’u mélange de deux sucres différents, par exemple du sucre et du sirop de glucose-fructose. Alors ils n’arrivent plus en ingrédient n°1, et le consommateur est rassuré.
Mais si vous additionnez, au fil de cette liste d’ingrédients, tous les « sucres », vous serez étonnés de voir qu’ils arrivent souvent en tête. C’est le cas pour pas mal de croquettes de petit-déjeuner, pour les pâtes à tartiner, pour les poudres chocolatées de petit-déjeuner, etc.
Qu’est ce qu’un sucre ?
Un sucre est une molécule simple de carbohydrates, que le corps aime souvent beaucoup car facile à assimiler et à brûler. Ne laisse pas de scorie dans l’organisme, mais de l’eau et du gaz carbonique, donc, intéressant. Le sucre de table (saccharose) est le plus simple et le plus sympa. Oui, il est cariogène. Oui, il incite à une sécrétion d’insuline, et c’est là que pose le problème si vous consommez des produits sucrés en dehors des repas. Votre pancréas est alors sollicité toute la sainte journée et vous comprenez bien que personne n’est content d’être ainsi dérangé sans arrêt.
Sont aussi des sucres simples (à assimilation rapide, même si, en fait, ils ne sont pas si rapides que ça) tous les « mono et di-saccharides comme le lactose (sucre naturel du lait), fructose (sucre naturel des fruits), maltose (sucre naturel des céréales), etc.
Ils nécessitent pourtant une enzyme pour être brûlés. C’est donc une consommation « intelligente ».
Sont aussi des cures, tous les hydrolysats d’amidon, que ce soit ceux de la pomme de terre industrielle ou du maïs. C’est en somme une « prédigestion industrielle » qui leur est soumise, et ils produisent des mélanges de fructose et de glucose. Tous deux sucres naturellement présents dans notre corps (le glucose) ou dans les fruits (fructose), mais là, ça ne va plus bien, car ils sont produits en masse importante. Et notre corps n’est pas fait pour affronter de grosses quantités de ces sucres.
Pourtant, c’est ce qu’il se passe, car ces sucres sont moins chers que le sucre de table. Aux USA, ils sont partout : du cola aux hamburgers en passant par tous les snacks, les chips etc. En Europe, ces sirops de glucose-fructose comme on les appelle sont sous quota. Mais jusqu’à quand ?
Les sirops de maïs à forte teneur en fructose (ou HFCS pour High fructose corn syrup ) ou sirops glucose-fructose
L'Américain moyen a consommé environ 19,2 kg de HFCS en 2004, contre 20 kg de sucre.
Dans les pays où le sirop de maïs n'est pas beaucoup utilisé, la consommation de sucre par personne peut être plus élevée qu'aux Etats-Unis : (données 2002), comme dans l’Union européenne = 40,1 kg ou au Brésil = 59,7 kg.
Mais quel l’impact de ces sirops sur la santé ?
Certains experts ont mis en parallèle les consommations de HFCS et l’incidence de l’obésité. D’un point de vue physiologique, l’idée est logique… Le HFCS serait à l’origine d’un dérèglement métabolique, épuisant la résistance à l’insuline….
Mais les enjeux sont énormes….. Et les industriels se défendent. Alors depuis ces attaques, au moins 5 études sur le sujet (datant presque toutes de 2006) indiquent qu’ils n’auraient pas effet… Le saccharose et le HFCS auraient les mêmes effets physiologiques, sur la glycémie, (2 études de Perrigue et al et de Melanson et al). Le fructose pur favoriserait l’obésité et les maladies cardio-vasculaires. Bref : les consommateurs sont pris entre deux feux.
La bagarre n’est pas encore finie.




