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Miammiam

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Je suis nutritionniste et très attachée à l'éthique. Gourmande, je ne jette l'opprobre sur aucun aliment, fut-il gras, sucré ou pire. Mais quand on utilise la nutrition comme faire-valoir, sans aucune légitimité, j'explose !

Peinture verte

Dimanche 22 Fevrier 2009, 08:22 GMT+2Par MiammiamCet article a été lu 794 fois
Le vert est à la mode ! Incontournable même… avec ou sans éthique ?

Serait-ce la fin de l’égoïsme consumériste ?
 Depuis 2007 et pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, le mangeur choisit non plus en fonction de ses seuls besoins. Il satisfait maintenant ses envies – parfois – avec une satisfaction intellectuelle, celle d’acheter mieux pour d’autres que lui. Ainsi, les grandes idées humanistes ou mondialistes traverses le porte-monnaie et hop ! On se laisse tenter par des achats de commerce équitable. On se laisse séduire par des produits plus chers mais qui promettent de moins léser l’environnement.
Vrai ou pas, la promesse est là et ça nous plaît vraiment d’y adhérer.
Politiquement correct, éthiquement sympa.
C’est bien : les Français, par exemple, sont parmi les plus généreux donateurs aux OGN. Chacun donnant selon sa mesure, mais chacun donnant. Comme quoi, une idée peut vraiment faire bouger des comportements de dépense ou d’achat.
Et les industriels l’ont bien compris. Puisqu’il devient si important d’acheter mieux, chacun cherche sa solution qui deviendrait un avantage concurrentiel : charte éthique, engagement pour planter un arbre ou céder une fraction du bénéfice à une œuvre, amoindrissement de l’empreinte écologique, etc.
Finalement, la valeur immatérielle d’un produit prévaut sur sa valeur alimentaire, nutritionnelle ou même, gustative.

Et en 2008, déjà les analystes produisent des rapports dans lesquels ils font ce qu’ils adorent par dessus tout : catégoriser les consommateurs : les mettre dans des cases descriptives, des groupes, des sous-groupes. Et, on se retrouve devant quatre profils types. Est ce que l’un d’eux vous ressemble ?

Une nouvelle classe moyenne verte
Comme tout mouvement sociétal, ces idées-là sont parties de quelques babas cools stressés… Les inconditionnels du Larzac, du coton bouilli et du pain Bio de Carrefour.
Depuis, ils ont faits des adeptes, certains célèbres, leur permettant de redorer un blason affadi. Nicolas Hulot, José Bové ou d’autres. Depuis ces classes marginales de la population se sont répandues des idées qui à leur tour, ont fait des petits.
Que l’on soit seulement «sensibilisé» ou plus complètement «engagé», nous prenons le pli des idées déjà très ancrées chez nos voisins d’Europe du Nord, Allemagne, Scandinavie, Suisse….  Aidés par quelques évènements cinématographiques ou épistolaires de type « Le Monde selon Monsanto » ou « We feed the world », véritables raz de marée médiatiques mondiaux, les idées se sont faites comportements. Résonnent aussi dans ces cages de Faraday, les craintes et frayeurs des populations face aux sécheresses, canicules et inondations, ouragans et tremblements de terre dont on nous annonce qu’ils ne sont que la conséquence de nos mauvais comportements passés.

Arrête de bouger ! Tu réchauffes la planète
Et oui ! A les ouïr, tout ça est de notre faute. Faute à notre réfrigérateur, faute à notre diesel trop richement cylindré, faute à notre paresse qui nous fait préférer le diesel aux pas, faute à nos vacances congés payés aux Antilles….

Alors nous voilà devant nos compatriotes stylisés, tanqués, profilés …. Description.

•    Les BOBOS pour « bourgeois bohêmes » ou « éco-centriques » sont encore très égoïstes et ne jurent que par leur satisfaction personnelle et leur qualité de vie. Ils grimpent dans leur 4X4 rutilant pour aller pique-niquer en forêt. A 40-60 ans, ils jouissent d’un fort pouvoir d’achat.
•    Les consomm’acteurs  ou « éco-actifs » visent eux aussi une qualité de vie supérieure mais pas seulement à titre individuel. Ce sont les initiateurs « alters » car ils veulent consommer autrement. Âgés de 30-40 ans, ils sont prêts à payer plus ou à marcher plus pour le bien de la planète...
•    Les « nonos » ou « éco-révoltés » sont des adultes au comportement d’adolescents révoltés. Ils s’opposent à tout. Activistes, engagés dans des mouvements humanitaires ou écologistes, ils sont plutôt jeunes (20-30 ans).
•    Les Nimbys (not in my backyard = pas dans mon jardin). Traduction : non à l’énergie nucléaire, mais surtout ne construisez pas d’éolienne près de chez moi.  Ce sont les « éco-inquiets ». Ce sont aussi des « anti » sans toutefois nourrir de préoccupations humanistes à l’égard de leurs prochains. Ils ont plus de 60 ans.


La décroissance positive
Tous ces consommateurs développent un nouveau mouvement de consommation que l’on appelle « décroissance positive ». Ils veulent consommer moins… et en fait, consomment autrement, parfois bien plus. Ils veulent des circuits de distribution très courts, un approvisionnement en direct, pas ou moins d’emballages, des produits recyclés… et restent prêts à dépenser bien plus pour ça.

Peindre tout en vert, c’est tendance… encore faut-il choisir le ton correct : trop foncé, le vert devient noir. Trop pâle, il ne fait plus recette. A vos palettes !
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