Addiction au sucré : info ou intox ?
On entend souvent - ou tout le moins régulièrement - que l'on peut devenir addict à la saveur sucrée .... Ainsi, celui qui commence à manger un bonbon ou un carré de chocolat finit forcément le sachet ou la tablette, se relève la nuit pour en manger encore et encore... Alors ? info ou intox ?
France Bellisle, grande spécialiste de ces questions et une des Nutritionnistes les plus douées de sa génération, nous donne des informations précises et factuelles sur ces questions :
Notion d’addiction : c'est un terme que l'on emploie souvent, mais qui n'a pas de définition scientifique ou médicale validée. Si on parle de dépendance physique, comme pour le tabac ou l'alcool, on parle alors de critères de diagnostic : la tolérance et le sevrage. On peut aussi évoquer la consommation compulsive, mais elle relève plus du trouble mental ou de comportement.
Le sucre peut-il être sujet à une ‘dépendance physique’ ?
Il faudrait pour cela qu'il implique des biveaux de tolérance, et le besoin d’augmenter les doses pour avoir le même plaisir : on ne constate pas du tout ça avec le sucre.
Il faudrait aussi une notion de dose létale, ce qui n'est pas approprié avec le sucre
Enfin, pour un "sevrage" éventuel que l'on peut observer pour d'autres substances. On observe les effets somatiques et comportementaux avec l’arrêt de la consommation, puis disparaissant avec la reprise de la substance mais s’accompagnant de troubles néfastes... ce n'est jamais le cas pour le sucre !
Le sucre peut-il être sujet à ‘l’abus sans dépendance physique’ ?
C’est alors une dépendance mentale et non physique. Une dépendance non physiologique mais qui conduit à des troubles du comportements, handicapants pour la vie sociale : mais on n’observe toujours pas ça avec le sucre…
Parfois, dans de très rares cas de boulimie ou d’obésité morbide, on peut voir une addiction au sucré mais ceci concerne les aliments agréables et non le sucre pur.
Plus généralement, la question qui se pose est "les aliments sont-ils des drogues ?"
Certains affirment que les aliments riches en sucres et en graisses peuvent être des addictions... Le chocolat est mangé parfois sans faim, parfois furtivement, rapidement, secrètement... C'est le « craving »... mais qui relève plus de la psychiatrie que de la nutrition ou de la physiologie.
Alors non : le sucre n'est pas une drogue. C'est juste une "douceur" que certains peuvent rechercher plus souvent qu'ils ne se devraient, afin d'apporter un peu de réconfort dans une vie trop stressante...
Addiction au goût sucré : vrai ou faux débat ?
Intervention de Mme France Bellisle - Paris au colloque benjamin Delessert à paris en Février 2008
Cet article a été commenté 8 fois | Ajouter un commentaire | Revenir en haut | Aller en bas
Frédérique dit | Je trouve qu'il manque un aspect à cette discussion : quid des bébés/enfants que l'on habitue à manger (trop) sucré de bonne heure? Pas d'effets à long terme sur leur métabolisme? |
mali dit | Mais c'est parce que vous n'envisagez que le sucre blanc raffiné sans aucune valeur nutritionelle voyons !!! ;=). |
marie dit | moi j'avoue que j'ai un réel besoin de manger sucré tous les jours, par opposition par exemple à des gens qui prendront par goût un petit-déjeuner pas vraiment sucré, plutôt protéiné par exemple, moi je ne peux pas me passer de ma dose de sucre au petit-déjeuner, je n'arrive décidément pas à envisager un petit-déj qui serait par exemple constitué d'un yaourt nature, d'un thé nature et d'une tranche de jambon blanc. cela me rendrait neurasthénique et pourtant certains y arrivent sans aucun problème. Dans la journée c'est pareil, selon mon humeur je vais invariablement consommer du chocolat et des sucreries. et à partir du moment où je mange un carré de chocolat, je n'arrive pas non plus à m'arrêter à 1 ou 2 carrés, la tablette entière y passe systématiquement, je n'arrive pas rester dans des quantités "raisonnables", soit c'est rien du tout, ce qui me permet de tenir le coup,... soit je commence et là plus rien ne m'arrête. il y a un comportement "compulsif" évident chez moi. mais je me sens plus "toxicomane" que "malade psychiatrique" en ce sens que si je me prive une journée entière d'aliments sucrés (car je ne mange jamais de sucre pur), je ressens un vrai manque, et le jour d'après, je vais littéralement me jeter sur du chocolat au lait ou autre aliment sucré. |
Lune dit | moi j'ai l'impression d'avoir du me sevrer, en quelque sorte.. |
Anne-Sophie dit | France Bellisle, l'une des nutritionnistes les plus "douées" de sa génération ? Ce ne semble être ce que pense le CSPI, qui dénonce depuis de longues années les collusions entre scientifiques et industriels. |
Arachnides dit | Scientifique, c'est scientifique. Surtout pour France Bellisle. Alors le CSPI, je ne sais pas, mais je n'irai pas dans ton site |
G dit | Il faut se garder d'être trop catégorique. |
Hera dit | Je cite : "On observe les effets somatiques et comportementaux avec l’arrêt de la consommation, puis disparaissant avec la reprise de la substance mais s’accompagnant de troubles néfastes... ce n'est jamais le cas pour le sucre !" |






