L'instinct en nutrition : survie ou autodestruction ?
Je, tu, il, nous parlons souvent d'instinct à propos de choix nutritionnels. Normal : c'est lui qui nous guide à travers l'offre qui s'étale devant nos estomacs estomaqués, justement, par tant d'abondance. Il faut vraiment avoir les dents bien plantées pour conserver son calme salivaire dans une situation pareille.
Imaginez seulement un renard au beau milieu d'un poulailler garni ? Il devient fou et plante ses dents partout, aveuglément.
Mais nous, non ! Nous restons stoïques devant cette pléthore nutritionnelle.
Pourquoi et surtout : comment continuer à garder son calme ?
En continuant à garder le cadre qui a été établi devant vous et pour vous par votre mère, votre père, grand mère, ou nounou.
Les heures fixes des repas. La théatralisation de ceux-ci : entrée, plat, salade, fromage, dessert... les gestes et les commandements qui leur sont liés : tu ne mettras pas ta fourchette directement dans le plat ; tu ne mettras pas ta cuisse de poulet dans ton nez ; tu ne recracheras pas dans le plat... j'en passe.
Mais dans tout celà, il y a aussi des règles de modération : ferme la bouche en mangeant ; on ne parle pas la bouche pleine ... déjà les bavards ont une assurance anti-gavage. Ne te resserts pas plus d'une fois. On ne mange pas de pain avec la pizza ou avec les pâtes... Bref. Tout ceci pour dire que le cérémonial orchestré autour des repas et de la nourriture sont votre meilleure assurance "équilibre alimentaire".
Si on vous a appris à ne pas ajouter de beurre dans la crème fraîche, ni d'alcool dans le vin, ni de sucre dans la confiture (pardon Papa !), c'est pour une raison simple : parce que trop, c'est trop.
Alors l'instinct ?
Aujourd'hui, vous ne savez plus digérer du lait ? Alors votre instinct vous fera fuir le bol crémeux, et même peut-être les aliments qui en prenennt l'aspect, comme le blanc-manger par exemple.
Vous avez été empoisonnés par des fruits de mer ? Impossible alors de vous faire avaler ne serait-ce qu'une petite crevette....
Alors voilà : cet instinct là n'est pas de l'instinct. C'est une bonne leçon apprise par votre corps, et qu'il retiendra longtemps.
Nous avons tous été écoeurés par un ou des aliments dans notre vie. N'insistons pas. Mais apprenons à distinguer l'aversion vraie et "la bonne leçon".
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Frédérique dit | Intéressant, mais l'article ne parle finalement pas du tout de l'instinct, uniquement de "leçons" : leçons culturelles et leçons expérimentales. Et la fin me laisse perplexe : "apprenons à distinguer l'aversion vraie et la bonne leçon". En quoi est-ce important de distinguer les deux, et comment le faire? |
miammiam dit | C'est très important de distinguer les 2 : la première peut avoir une signification allergique ; la seconde peut s'éduquer et évoluer |
Artefact dit | L'instinct du renard : il a besoin de jeûner pendant plusieurs jours pour acérer ses sens et être plus performant à la chasse... l'Humain n'est pas dans le même schéma. |
Caramel dit | Et l'instinct du rat : manger à tous les râteliers, sur le dos de tous, et en plus, râler ! |
Actias dit | Actias : Je pense avoir étudié ce problème ; voilà où j'en suis. |






