Les études marketing : Savoir lire entre les lignes
Les consommateurs ont leur langage propre, et les enquêteurs ont bien du mal à les comprendre. Quand il leur est demandé pourquoi ils ne consomment pas plus de fruits ou de poisson, la réponse est « le prix ».
Et bêtement, les enquêteurs inscrivent « le prix » sur la fiche, au bout de laquelle l’ordinateur statistiqueur formulera un chiffre qui sera repris par tous les téléscripteurs de la planète tant il est laconique et conforte bien toutes les idées fausses et reçues (une litote) : les Français ne mangent pas de fruits par ce qu’ils sont chers.
Manque de bol, la vérité est plus complexe.
Car le même consommateur dépense 200 à 400 Euros par mois pour un greffon électronique qui fait guib guib. Il dépense plein de sous pour des chewing-gums, des fraises tagada, des pizzas surgelées, des tours de billard et des DVD, pour une location de chaînes TNT (non, ça n’a pas de rapport avec la tri-nitro truc machin).
Alors à 4 euros le kilo de fruits chers, ce n’est pas ce qu’on appeler « cher ».
Non. Mais ce que le consommateur voulait exprimer, c’est que les fruits sont trop chers…. Pour ce qu’ils sont. En d’autres termes : ils sont décevants.
Ce qui souligne bien une notion que les marketeurs semblent avoir oublié : le client achète lorsqu’il a l’impression qu’il en a pour son argent, et donc, qu’il est « gagnant » dans l’échange commercial. Le téléphone portable apporte tant de services et d’avantages qu’il est en positif dans la balance « avantages/prix ».
Ce qui n’est plus du tout le cas des fruits d'été, par exemple, qui, finalement, ne valent pas le goût !
Mais alors ? On ne vous apprend plus ça dans vos écoles de commerce ?
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mameve dit | Vous avez raison. Il n'en demeure pas moins qu'un tel écart entre le prix du kg de pommes payé au producteur et celui à l'étalage est proprement scandaleux. Pour moi un kilo de pommes ne devrait pas dépasser 1€50. A telle enseigne que des gens d'un quartier de Paris ont décidé de réagir face à ce racket organisé et achètent directement à un producteur de fruits et légumes qui vient avec son camion chaque semaine. Je n'ai pas acheté de cerises cette année car je refuse d'acheter au delà d'un certain prix. Là où je vous rejoins c'est que non seulement les fruits que l'on nous vend sont chers, mais ils n'ont pas de goût. Lorsque j'étais enfant des personnes comme ZAZA (un de vos articles précédent) n'aurait sans doute pas eu sur sa table de la viande tous les jours, mais du lait, du pain, des oeufs, des fruits et des légumes pour la soupe. Nous nous sommes laissés piéger par une organisation du commerce, qui a fait que des vergers ont dû laisser la place à des constructions. Total nos pommes viennent maintenant du chili ou de chine (vrai je l'ai vu). Le 1er prix d'une pizza surgelée est inférieur au prix du kg de pommes. Inversez la tendance et vous verrez que les gens se laisseront convaincre de manger des fruits. Sans doute trop tard pour les enfants de ZAZA déjà formatés, mais pour les bébés qui naissent aujourd'hui il y aurait peut-être un espoir. |
Blogodo dit | Pourquoi les pommes ne devraient elles pas dépasser 1,5 EUROS ? |
ilinastaze dit | Moi je veux bien payer mes fruits tout ce qu'on veut, à condition de voir enfin des producteurs prospères et fiers de l'être...Même les intermédiaires allez... |






