BIENVENUE SUR Blog de Béatrice de Reynal
RECHERCHE
Miammiam

Blog de Béatrice de Reynal

Je suis nutritionniste et très attachée à l'éthique. Gourmande, je ne jette l'opprobre sur aucun aliment, fut-il gras, sucré ou pire. Mais quand on utilise la nutrition comme faire-valoir, sans aucune légitimité, j'explose !

ça n'en vaut pas le goût !

Samedi 15 Septembre 2007, 07:44 GMT+2Par MiammiamCet article a été lu 38 fois
Les consommateurs ont du mal à passer de la théorie à la pratique à propos des fruits et des légumes… le prix est souvent évoqué comme première cause du non-achat.
Nos enquêtes nous donnent un autre niveau de lecture : tout d’abord, il ne faut pas mettre dans le même panier les fruits et les légumes.
Les premiers, les fruits, symbolisent les vacances, le jardin d’Eden, le sucre, les saveurs riches et fraîches. Leur symbolique est lourde d’images et de sens, de souvenirs savoureux. Quel choc alors quand le mangeur achète une poire dure comme du bois, une nectarine qui a la saveur du navet pas mûr… des fraises qui n’ont rien de vivant ?
La déception est à la hauteur de l’image idyllique que le mangeur s’en faisait. D’ailleurs, il vous le dit « ces fruits ne valent pas le goût ».
Ils sont bien trop chers pour ce qui sont bons.

Pour les légumes, la situation est exactement inverse. Le légume, c’est un souvenir de cantine, d’obligation, de réfectoire. C’est beurk.
Marteler qu’il faut manger des légumes peut paraître aussi vain que de dire à enfant qu’il doit aimer le martinet de son enfance.
Malgré les grands chefs qui ont montré au monde que les légumes pouvaient être « petits » et par là-même, savoureux.
Le salut des légumes viendra donc par le haut. Par la haute gastronomie. Il faut apprendre et démontrer au mangeur blasé que les légumes peuvent être quasi du caviar. D’ailleurs, déjà, il faut leur changer de nom. Laissons « légumes » aux réfectoires et choisissons d’autres verbatims.
Pois gourmands, brocolis, fleurs de romanesco, fût de poireaux, pointes d’asperges…. A vous !
A ce stade, une fois convaincu de l’intérêt de partir à l’aventure de ces saveurs exotiques-là, il faudra ensuite déplacer une autre montagne : celle du temps nécessaire à la préparation de ces petits légumes.
Et là aussi, les consommateurs vous le disent : » je n’ai pas le temps », traduction « ils ne valent pas le temps », ils ne méritent pas mon temps.
Nouveau défi pour les industriels : imaginer des petits légumes savoureux, aventureux, et qui valent le temps de préparation.
A vos paillasses.

Cet article a été commenté 3 fois | Ajouter un commentaire | Revenir en haut | Aller en bas

pseudo moi dit

vous mentionnez "nos enquêtes". ca m'interesse ! lesquelles ? des reférences ? merci

Vendredi 12 Octobre 2007, 13:09 GMT+2 | Retour au début

miammiam dit

C'est que nous passons noptre temps à observer, analyser, détecter.. nous ne faisons que ça, des enquêtes, des études, des tests.... et c'est passionnant.
Passionnant d'écouter longuement les explications d'un consommateur qui répond à la question posée à l'entrée d'un magasin "est ce important pour vous de manger sainement ?"... Oui, bien sûr, manger que du frais, jamais de poulet de batterie beurk, des fruits, des légumes, jamais de saloperies.... Et quand on les retrouve à la sortie, avec leur caddie rempli de choses roses, vert fluo ou étoilé, les explications sont autres :" c'est exceptionnel, c'est pour mon voisin..."

Vendredi 12 Octobre 2007, 23:02 GMT+2 | Retour au début

miammiam dit

Mais je vous en fais la promesse : je vous raconterai à mesure des jours, les enseignements majeurs de ces travaux...
Par exemple, lorsque les consommateurs répondent à l'enquêteur que les frutis et légumes sont trop chers, il faut comprendre qu'ils sont bien trop chers pour le goût qu'ils n'apportent pas. Le rapport prix/goût est si mauvais qu'on ne les achète plus.

Vendredi 12 Octobre 2007, 23:04 GMT+2 | Retour au début