Vendredi 29 Juin 2007
La méthode du bâton pour la carotte ?
Par Miammiam, Vendredi 29 Juin 2007 à 23:55 GMT+2 dans Coup de gueule d'une nutritionniste
Pour une fois que McDo faisait profil « légume »….
Après le coup médiatique des salades (2 pauvres recettes lancées à coup de RP et publicité grand genre), voici les bâtonnets de carotte qui font couler de l’encre et sourire les responsables de la santé publique en France : bravo McDo, c’est exemplaire de mettre à disposition des consommateurs des bâtonnets de carotte crue… magnifique même !
Hic
« Hic » : alertée par une internaute vigilante, je vais vérifier sur pièce. J’envoie un huissier : car le hic, c’est qu’ils ont réussi à les enrober de sirop. Des carottes « 100 % carottes », quand même enrobées de sirop !
Et là, tout s’effondre !!
Les belles envolées lyriques à propos de la santé des consommateurs, la responsabilité éthique de McDO.... son engagement pour la nutrition....
Mais que fait la police ?
Le croissant est malaxé en Chine, puis envoyé en Thaïlande pour que les petites mains le roulottent comme il faut, puis il est cuit en Arabie Saoudite là où le pétrole est pas trop cher, puis il arrive tous les matins chez le boulanger, croustillant mais avec 13 549 kilomètres dans les cornes. Ouf !
Il suffit d’une louche, d’une baratte ou d’un chaudron pour transformer n’importe quel rata industriel en une potion gustativo-magique.

Celui qui voyage un peu dans les régions équatoriales connaît le prix de l'eau potable. Ce bien est le plus précieux qui puisse exister sur terre, bien plus que l'or, le platine ou le pétrole.
L'épidémiologie est une science passionnante : elle observe. Elle observe, mesure, puis tente de faire des rapprochements avec l'aide de statisticiens qui leur disent si oui ou non ils ont raison de lier tel évènement à telle cause.
La fièvre acheteuse touche de la même façon et avec la même frénésie que la boulimie. Une monstrueuse envie d’acheter ou d’engouffrer déferle sur le sujet, annihilant toute résistance, inhibant toute trace de raisonnement cartésien. Ce besoin immense de remplir les cases vides pousse la main au portefeuille comme elle la pousse à la bouche.


